Calcaire et duretéGlossaire du traitement de l'eau : 60 termes expliqués
Le vocabulaire du traitement de l'eau mélange chimie, plomberie et réglementation, et on s'y perd vite. Ce glossaire réunit les soixante termes qui apparaissent dans n'importe quel devis, fiche technique ou rapport de qualité de l'eau, expliqués sans jargon et regroupés par thème.

Le traitement de l'eau a un vocabulaire qui croise trois métiers : la chimie, la plomberie et la réglementation. Résultat : un même concept apparaît sous deux noms différents selon qui l'écrit, et dans un devis cohabitent des termes précis avec d'autres employés de façon approximative. Ce glossaire met de l'ordre dans les soixante qu'il faut pour lire avec discernement une fiche technique, un rapport de qualité de l'eau ou une offre.
Il est organisé en trois blocs : l'eau et sa dureté, les appareils et leur pose, et les circuits fermés. Dans chacun, par ordre alphabétique.
L'eau et sa dureté
- Alcalinité
- Capacité de l'eau à neutraliser les acides, liée surtout à sa teneur en bicarbonates. Avec la dureté et le pH, elle détermine si une eau tend à entartrer ou à agresser les métaux.
- Aragonite
- Forme cristalline du carbonate de calcium en fines aiguilles. Contrairement à la calcite, elle n'adhère pas aux parois : elle reste en suspension et l'eau l'emporte. C'est la forme que vise le traitement physique.
- Bicarbonate de calcium
- Sel soluble que forme l'eau en traversant un terrain calcaire chargée de dioxyde de carbone. Il est stable tant que l'eau reste froide ; en chauffant, il libère du CO₂ et précipite en carbonate de calcium, qui n'est plus soluble.
- Calcairetartre
- Nom courant du carbonate de calcium présent dans l'eau et des incrustations qu'il forme. En toute rigueur, la chaux est l'oxyde de calcium, un produit industriel distinct, mais l'usage a fixé le terme pour le dépôt blanc des canalisations.
- Calcite
- Forme cristalline du carbonate de calcium, de structure rhomboédrique et compacte. C'est elle qui adhère aux parois et croît par couches jusqu'à former une croûte. La responsable des incrustations.
- Carbonate de calcium
- CaCO₃. Le composé qui précipite quand l'eau chaude perd du dioxyde de carbone. Insoluble, c'est le matériau dont sont faites les incrustations.
- Conductivité
- Mesure de la capacité de l'eau à conduire l'électricité, proportionnelle à la quantité totale de sels dissous. Exprimée en microsiemens par centimètre, elle sert d'indicateur rapide de la minéralisation globale.
- Degré allemand
- Unité de dureté équivalant à 17,85 mg/L de carbonate de calcium. Un degré allemand vaut 1,79 degré français. Il s'écrit °d ou °dH et apparaît souvent dans les notices d'électroménager.
- Degré françaisdegré hydrotimétrique
- Unité de dureté équivalant à 10 mg/L de carbonate de calcium. C'est la référence habituelle en Espagne comme en France. Il s'écrit °f ou °TH, toujours avec le f minuscule pour ne pas le confondre avec les degrés Fahrenheit.
- Dureté permanentedureté non carbonatée
- Fraction de la dureté associée aux sulfates et aux chlorures, qui ne précipite pas quand on chauffe l'eau. Elle n'entartre pas par voie thermique.
- Dureté temporairedureté carbonatée
- Fraction de la dureté associée aux bicarbonates, qui précipite quand on chauffe l'eau. Elle est responsable de l'entartrage et constitue généralement la fraction dominante des eaux de réseau espagnoles.
- Dureté totale
- Somme du calcium et du magnésium dissous, exprimée par convention en carbonate de calcium. C'est la donnée qui figure dans le rapport de qualité de l'eau de votre commune.
- Eau adoucie
- Eau à laquelle on a retiré le calcium et le magnésium par échange d'ions, en les remplaçant par du sodium. Ce n'est pas la même chose qu'une eau douce d'origine : sa teneur en sodium est plus élevée.
- Eau douce
- Eau peu chargée en calcium et magnésium, en dessous de 15 °f. Elle entartre très peu et mousse facilement. En dessous de 5 °f, elle peut être légèrement agressive avec certaines canalisations métalliques.
- Eau dureeau calcaire
- Eau à forte teneur en calcium et magnésium, au-dessus de 25 °f. Elle n'affecte pas la potabilité, mais elle entartre les installations d'eau chaude et réduit l'efficacité du savon.
- Entartrageincrustation · croûte
- Dépôt solide adhérant à une surface en contact avec l'eau. En circuit ouvert c'est du carbonate de calcium ; en circuit fermé, des oxydes de fer. Il agit comme isolant thermique et réduit la section de passage.
- Osmose inverse
- Technologie de filtration qui retire la plus grande partie des sels dissous en faisant passer l'eau sous pression à travers une membrane semi-perméable. Elle se pose au point de consommation, génère un rejet d'eau et ne protège pas l'installation de l'entartrage.
- pH
- Mesure de l'acidité ou de la basicité de l'eau sur une échelle de 0 à 14. Une eau de réseau se situe normalement entre 6,5 et 9,5. Il influe sur l'équilibre calcocarbonique, c'est-à-dire sur la tendance de l'eau à entartrer ou à corroder.
- Sodium
- Ion que l'adoucisseur à résines libère dans l'eau en échange du calcium retiré, à raison d'environ 4,6 mg/L par degré français supprimé. La valeur paramétrique dans l'eau de consommation est de 200 mg/L.
Les appareils et leur pose
- ACS (certification)
- Attestation de Conformité Sanitaire. Certification française qui autorise l'emploi d'un matériau dans les installations d'eau destinée à la consommation humaine, y compris les établissements recevant du public. Les appareils EF-i la détiennent.
- ECS (eau chaude sanitaire)
- L'eau chaude sanitaire d'une installation. La réglementation impose de la maintenir à 60 °C pour prévenir la légionelle, ce qui est précisément la température qui favorise le plus l'entartrage.
- Adoucisseur
- Appareil qui réduit la dureté de l'eau au moyen de résines échangeuses d'ions. Il consomme du sel, rejette de la saumure à chaque régénération et exige un écoulement et une prise électrique.
- Anticalcaire
- Appareil qui empêche la formation d'incrustations de carbonate de calcium. Sous ce même nom cohabitent des technologies très différentes, du traitement physique à la dosation de polyphosphates.
- Bride
- Système d'assemblage par plateaux boulonnés, utilisé sur les canalisations de grand diamètre où le filetage n'est plus viable. Dans la gamme DRAGEAU, le montage passe en brides PN16 à partir du DN65.
- Débit de pointe
- Débit maximal simultané que peut demander une installation. C'est cette donnée qui détermine le calibre de l'appareil, davantage que le diamètre de la canalisation.
- Circuit ouvert
- Installation où l'eau se renouvelle en continu : la plomberie d'un logement, d'un immeuble ou d'une industrie. Son problème est le calcaire, puisque de l'eau neuve entre en permanence.
- Diamètre nominal (DN)
- Désignation conventionnelle de la taille d'une canalisation ou d'un accessoire, en millimètres. Elle ne correspond exactement à aucune mesure physique, mais elle garantit que tous les composants d'un même DN s'assemblent.
- DVGW
- Association technique allemande du gaz et de l'eau, dont le certificat est l'une des références produit les plus exigeantes d'Europe pour les installations d'eau potable.
- Effet curatif
- Capacité d'un traitement à éliminer les incrustations déjà présentes avant sa pose. Il est progressif et se compte en semaines ou en mois selon l'état de départ. Tous les traitements ne l'ont pas.
- Effet préventif
- Capacité d'un traitement à empêcher la formation de nouvelles incrustations. Il agit dès le premier instant, mais à lui seul il laisse intact le dépôt accumulé.
- Filtre à sédiments
- Cartouche ou tamis qui retient les particules en suspension de l'eau de réseau. Il se pose juste après le compteur et protège le reste de l'installation des sables et des oxydes. Il n'agit pas sur le calcaire dissous.
- INOX 316L
- Acier inoxydable austénitique au molybdène et à bas carbone, de qualité alimentaire et chirurgicale. C'est le matériau du corps des appareils DRAGEAU : sa durabilité en milieu aqueux est pratiquement indéfinie.
- Échange d'ions
- Procédé chimique dans lequel une résine capte certains ions de l'eau et en libère d'autres en échange. C'est le principe de l'adoucisseur : il retient calcium et magnésium, il libère du sodium.
- Longueur droite
- Longueur de canalisation sans coude, vanne ni piquage à respecter avant et après un appareil de traitement physique, avec un minimum de 20 cm de chaque côté. C'est ce qui permet à l'effet vortex de se former correctement.
- Ondes sonicophysiques
- Ondes mécaniques de basse fréquence générées par la vibration du noyau en acier quand l'effet Venturi accélère l'eau. C'est le troisième effet du traitement DRAGEAU, responsable de briser la calcite et de décoller le dépôt existant. Aucun champ électrique ni magnétique n'entre en jeu : le phénomène est mécanique.
- Perte de charge
- Chute de pression provoquée par tout élément intercalé sur une canalisation. Sur un appareil de traitement physique elle est faible et stable ; sur un filtre, elle augmente à mesure qu'il s'encrasse.
- PN16
- Pression nominale de 16 bar. Désigne la classe de pression d'une bride et détermine sa géométrie de perçage, pour qu'elle soit compatible avec la contre-bride correspondante.
- Résine échangeuse d'ions
- Média granulaire qui rend l'adoucissement possible. Elle se sature à l'usage et doit être régénérée à la saumure. Sa durée de vie est limitée et elle se remplace à moyen terme.
- Saumure
- Solution concentrée de chlorure de sodium qui régénère la résine d'un adoucisseur. Après chaque cycle, elle part à l'assainissement avec le calcium retiré, et il n'existe pas de filière pratique de récupération.
- Traitement physique
- Famille de traitements qui agissent sur le comportement de l'eau sans modifier sa composition : ils ne retirent pas de minéraux, n'ajoutent pas de produit et ne génèrent pas de rejet. Dans la gamme DRAGEAU, il repose sur trois effets enchaînés : le vortex, l'accélération Venturi et les ondes sonicophysiques.
- TÜV SÜD
- Organisme allemand de certification et d'inspection technique, référence internationale en vérification de produit. Il certifie les deux lignes de la gamme DRAGEAU.
- Venturi
- Rétrécissement de la section de passage qui accélère l'écoulement et réduit localement la pression. Dans les appareils DRAGEAU, c'est ce qui fait vibrer le noyau en acier et génère les ondes sonicophysiques.
- Vortextourbillon
- Mouvement de rotation de l'eau sur son propre axe, généré par la géométrie interne de l'appareil. Il multiplie l'énergie cinétique de l'eau et son pouvoir dissolvant. Le principe s'inspire des travaux de Viktor Schauberger sur le mouvement naturel de l'eau.
Circuits fermés et boues
- Biofilm
- Pellicule de micro-organismes fixée aux parois internes d'un circuit. Il prolifère surtout à basse température, ce qui fait du plancher chauffant un terrain propice. Il s'ajoute à l'oxyde et accélère l'encrassement.
- Boue
- Dépôt sombre qui s'accumule dans les points bas d'un circuit fermé. C'est un mélange d'oxydes de fer, de particules métalliques, de biofilm et de résidus de pose. Il se comporte comme un isolant thermique et oblige le générateur à consommer plus.
- Circuit fermé
- Installation où l'eau circule en boucle sans se renouveler : chauffage, plancher chauffant, ventilo-convecteurs, climatisation, réseau de chaleur. Son problème n'est pas le calcaire, ce sont les boues de corrosion.
- Corrosion galvanique
- Corrosion accélérée qui apparaît quand deux métaux différents sont en contact via l'eau. Dans un circuit associant radiateurs acier, tubes cuivre et échangeur aluminium, c'est une source constante de particules.
- Désembouagenettoyage chimique du circuit
- Opération de nettoyage d'un circuit fermé : on vidange, on fait circuler un produit désincrustant et dispersant, puis on rince. C'est curatif et ponctuel. Sans mesure permanente derrière, le circuit se réencrasse.
- Eau d'appointeau de remplissage
- Eau neuve ajoutée à un circuit fermé pour compenser les pertes. Chaque appoint introduit de l'oxygène dissous et alimente la corrosion : un circuit qui réclame des appoints fréquents a une fuite à localiser.
- Glycol
- Antigel ajouté à l'eau des circuits exposés au froid. Il modifie la viscosité et la capacité de transport de chaleur du fluide, et sa concentration doit être contrôlée périodiquement.
- Inhibiteur de corrosion
- Produit chimique dosé dans l'eau du circuit pour freiner la corrosion. Il agit tant que la concentration se maintient, donc chaque vidange ou appoint impose de la contrôler et de redoser.
- Légionelle
- Bactérie qui peut proliférer dans les installations d'eau chaude sanitaire à température tiède. La prévention passe par le maintien de l'eau chaude à 60 °C et par l'absence de surfaces rugueuses où se fixe le biofilm, ce qui donne un argument hygiénique supplémentaire pour garder l'installation sans entartrage.
- Magnétite
- Fe₃O₄, oxyde de fer magnétique qui constitue l'essentiel de la boue noire d'un circuit de chauffage. C'est son caractère ferromagnétique qui permet de la capturer avec un pot à boue magnétique.
- Oxygène dissous
- Oxygène présent dans l'eau du circuit, moteur de la corrosion. Il entre avec chaque appoint, à travers des tubes plastiques sans barrière anti-oxygène, par des vases d'expansion mal réglés ou par des purgeurs défectueux.
- Plancher chauffant
- Système de chauffage par circuit noyé dans la dalle, de petit diamètre et à basse température de service. Ces deux caractéristiques le rendent particulièrement sensible à la boue et au biofilm et, contrairement à un radiateur, il ne se démonte pas pour être nettoyé.
- Pot à bouefiltre à boue · séparateur de boues
- Filtre posé sur le retour qui capture les particules en circulation, généralement avec un aimant pour les ferreuses. Il retient ce qui circule déjà, mais n'empêche pas la formation et n'agit pas sur ce qui est collé ; il faut le purger régulièrement.
- Purge
- Opération d'extraction d'eau et de sédiments par un point bas ou par un purgeur. Dans un circuit à traitement permanent, c'est la voie par laquelle sortent les particules maintenues en suspension.
- Réseau de chaleurdistrict heating
- Réseau urbain qui distribue de l'eau chaude depuis une centrale vers plusieurs bâtiments. C'est un circuit fermé de grand volume, où le coût de l'entretien chimique et celui d'un arrêt de service sont élevés.
- RITE
- Règlement espagnol des installations thermiques dans les bâtiments. Il impose notamment de prévoir le traitement de l'eau des circuits fermés pour prévenir la corrosion et l'entartrage, et laisse le choix de la méthode au concepteur.
- Vase d'expansion
- Réservoir qui absorbe la dilatation de l'eau en chauffant et maintient la pression du circuit dans sa plage. Mal dimensionné ou dégonflé, il provoque des dépressions qui font entrer de l'air et alimentent la corrosion.
Pour aller plus loin
- Qu'est-ce que le calcaire de l'eau et pourquoi il s'incruste, pour le mécanisme complet de l'entartrage.
- Dureté de l'eau en Espagne, avec les équivalences entre unités et comment mesurer la vôtre.
- Boues en circuit fermé, sur l'origine de la corrosion et ses symptômes.
- Adoucisseur à sel ou traitement physique, la comparaison entre les deux familles.
À propos de cet article
Rédigé par l'équipe technique de DRAGEAU Ibérica à partir des fiches techniques de la gamme, des certificats des produits et de l'expérience acquise sur des installations en Espagne, au Portugal et en Andorre. Les plages de valeurs et les estimations sont signalées comme telles dans le texte.
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